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BRILLON en BALADE, par Jean-François

  • Aimée Eugénie Delville-Cordier (1822-1899)

     Sa vie :
     
    Elle est née le 10 avril 1822 à Paris 11éme de Marie Madeleine DELVILLE. (Reconstitution de l’état civil de Paris)
    Adoptée en 1851 par François Simon CORDIER né à Brillon (Meuse) le 28 mai 1797, décédé à Alger le 14 juin 1874 chez son frère Achille Joseph CORDIER. Il fera une brillante carrière de médecin à Paris et sera connu pour son ouvrage « Les champignons de France » Orné de vignettes et de 60 chromolithographies dessinées d'après nature par A. Delville-Cordier.
    L’adoption se fait devant M e Emile FOULD notaire à Paris le 29 décembre 1851. Intervenant en première partie Mlle DELVILLE, Aimée Eugénie domiciliée 53 rue de Seine à Paris, fille naturelle de l’intervenant en deuxième partie Mlle DELVILLE, Marie Madeleine domiciliée 47 rue Saint-André-des-Arts à Paris, pensionnaire de l’intervenant indirect M CORDIER François Simon, docteur en médecine domicilié place Saint-Germain l’Auxerrois à Paris.
    Au décès de Marie Madeleine DELVILLE le 11 mars 1866, âgée de 66 ans, au 12 rue Notre-Dame des Champs, l’un des témoins est François Simon CORDIER, docteur en médecine, chevalier de la Légion d’honneur, âgé de 68 ans, demeurant au N°19 quai Saint-Michel.
    Elle  décède le 2 février 1899 dans la même localité, au 19 quai St-Michel, près de la Seine, non loin de la cathédrale Notre-Dame,  apparemment un quartier d’artiste puisque qu’Henri MATISSE habitera à cette même adresse. Elle est alors âgée de 76 ans.
     
    Son œuvre :
     
    Sans date : toile, peinture à l’huile. Portrait du Général Baron de la Planche ; H. 120.5cm ; l. 90cm, musée Barrois. (*)
     
    Portrait du Baron Henri de Vicq, portant pourpoint noir et blanc ruff. (*)
     
    1843 : toile, peinture à l’huile. Portrait du Général Baron Henry ; H. 81cm ; l. 65cm ; E. 1.5cm, musée Barrois. (*)
     
    1853 : portrait de Mme A. C. ; miniature.
     
    1855 : portraits de Mme E. L. ; portrait de Mme C. ; miniatures. Portrait de jeune garçon, miniature signée et datée 1855 ; 8.5 x 7 cm. (*)
     
    1856 : autoportrait de l’artiste huile sur toile signée au dos et datée avril 1856. (*)
     
    1859 : portraits de Lambert Bey réexposé au Champ de Mars en 1867 ; portrait de Mme de G ; de Mme M. S. ; de Mlle M. D. ; de Mlle L. C. ; de M. A. C. ; de M. E. B. ;  miniatures.
     
    Vers 1860 : portrait de femme assise en robe blanche tenant un éventail, importante miniature rectangulaire sur ivoire de 20.5cm x 14.5cm (*)
     
    1861 : portraits de Mme M. F., de Mlle F. C. ; miniatures.
     
    1863 : portraits du docteur C. ; de Mme X. ; copie d’après le Titien (appartient à Mme Paléologue). Miniatures.
     
    1864 : portrait de Mme E. G. M. La belle jardinière, d’après Raphaël ; miniatures.
     
    1865 : portrait de Mme C. B. la mise au tombeau, d’après le tableau de Titien, musée du Louvre ; miniatures.
    Achevé en 1866 : toile, peinture à l’huile. Portrait du Général d’Hédouville ; H. 120.6cm ; l. 90cm, musée Barrois. (*)
     
    Toile, peinture à l’huile. Portrait du Général René de Ligniville ; H. 120.5cm ; l. 90.5cm, musée Barrois. (*)
     
    1866 : portrait de Mme M. Fragment de la Conception, d’après Murillo ; miniatures.
    Avant 1867 : toile, peinture à l’huile de François Campanet, Général de Brigade ; H. 137.5cm ; l. 107cm, musée Barrois. (*)
     
    1867 : Champs de Mars : portrait de Mlle A. C. D. ; miniatures.
    Champs-Elysées : portrait de M l’abbé, copie d’après Joshua Reynolds ; miniatures.
     
    Avant 1868 : toile, peinture à l’huile. Portrait du Général Péridon ; H. 120cm ; l. 91cm, musée Barrois. (*)
     
    1868 : types italiens. Danaé d’après le tableau de Titien, du musée Borbonico à Naples ; miniatures.
    Toile, peinture à l’huile. Nature morte au chou ; H. 64.3cm ; l. 85cm, musée Barrois. (*)
    Toile, peinture à l’huile. Nature morte au fromage ; H. 66cm ; l. 81cm, musée Barrois. (*)
     
    Avant 1869 : toile, peinture à l’huile. Portrait du Général Baron Rouyer de Saint-Victor ; H. 129cm ; l. 92cm, musée Barrois. (*)
     
    1869 : planches de champignons de l’ouvrage de François Simon Cordier, les champignons de la France. Paris Jules Rothschild, 1870. (*)
     
    1870 : Pascuria, miniature figurant un portrait de femme, marqué au dos « Rome 1870 » ; 20x16 cm. (*)
    Avant 1876 : toile, peinture à l’huile. Portrait du Général Dorlodot des Essarts ; H. 120.4cm ; l. 90.8cm, musée Barrois. (*)
     
    1896 : deux miniatures offertes à la Comédie Française par Mlle Delville Cordier, représentant deux anciennes sociétaires de la Maison de Molière : Mme Emilie Honorine Guyon, décédée depuis quelques années, et Mme Arnould-Plessy, sa belle-sœur, qui vit retirée en province. 6.7cm x 5.3cm.
     
    Soit environ 43 œuvres répertoriées. (*) Photos de l’œuvre disponible.
     
    Quelques commandes de copies.
     
    1864 : portrait à mi-corps d’Eugénie de Montijo, Impératrice d’après Winterhalter pour 600Fr. hôtel de la sous-préfecture de Saverne (Bas-Rhin).
     
    1865-1866 : tableau du Christ apparaissant à Madeleine d’après Lesueur pour 600Fr, église de la Celle-sur-Morin (Seine et Marne).
     
    1868-1869 : tableau de la Vierge et l’Enfant Jésus d’après Murillo pour 800Fr
     
    1869 : portrait à mi-corps de S. M. l’Empereur Napoléon III d’après Winterhalter pour 600Fr.
     
    1869-1870 : portrait à mi-corps de S. M. l’Empereur Napoléon III d’après Winterhalter, hôtel de la sous-préfecture de Bourganeuf (Creuse).
     
    1873-1875 : tableau les trois Grâces d’après Titien pour 4000Fr, 1m15 x 1m90, musée de Brest (Finistère).

    1876 : tableau du Christ au tombeau d’après Ribera pour 800Fr, église des Lazaristes de Damas (Syrie).
     
    album de ses œuvres dans la rubrique Album.

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  • Les cantonnements à Brillon en 1916

    Différentes troupes ont séjournés à Brillon durant la guerre 1914-1918. Je vous propose dans cet article de vous dresser un inventaire non exhaustif, mais chronologique de ces cantonnements. Cet inventaire à été établi à partir de l'historique des régiments (Gallica) et des journaux de marche (Mémoire des hommes).  

    3e TM, du 9 janv. au 2 fév. 1916

    Le 9 janvier 1916, le 3e tirailleur de marche arrive de Dunkerque, il quitte Brillon le 2 février et s'embarque en chemin de fer aux gares de Mussey et de Longeville pour se rendre au camp de Mailly. (Historique du 3e TM, Gallica)

    79e RI, du 13 au 21 mars 1916

    Le 13 mars 1916, le 79e régiment d'infanterie cantonne à Brillon et Combles. Du 13 au 20, exercices de tir au champ de tir du bois du haut juré, instructions des petites unités. Le 14, le général Balfourier inspecte les cantonnements et réunis les officiers. Le 20, le Lt colonel Mangin passe en revue le régiment et remet quelques croix de guerre à 1500m au sud de Combles. Le 21, à 5h et 6h, les divers éléments du régiment quittent les cantonnements. (JMO du 79e RI, Mémoires des Hommes)

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    8e BCP, du 1er au 7 avril 1916

    Le 1er avril 1916, le 8e bataillon de chasseurs à pied arrive à Brillon, par camion automobile, le vendredi 7, il quitte son cantonnement à 8h du matin. Le lendemain soir il est devant Chattancourt. (Historique du 8e BCP, Gallica)

    150e RI, du 6 au 22 mai 1916

    Le 6 mai 1916, le 150e régiment d'infanterie arrive à 14h sur Brillon par camions automobiles, le 3e bataillon et les trois compagnies de mitrailleuses. Le reste du régiment est à Saudrupt, les cantonnements offrent suffisamment de ressources pour loger convenablement la troupe et les officiers. Le 7 mai est consacré au repos et des travaux de propreté, le 8 mai, quelques exercices de remise en main sont faits dans les unités, mais la plus grande partie du temps est employée au nettoyage. Les 9 & 10, exercices par compagnies et travaux de propreté. Le 11, exercice de détail le matin et des travaux de propreté l'après-midi. Le 12, le 3e bataillon et les Cie de mitrailleuses font des exercices de tir; le champ de tir est réparti entre chaque unité. L'après-midi est consacré à des jeux et des revues. Le 13, marche militaire par bataillon. Longueur moyenne de l'étape = 20km. Le 14, travaux de propreté, jeux divers. Le 15, exercice de détail par Cie, revue d'armes au 3e bat par le maitre armurier. Le 16, exercice de détail - tir - travaux de nettoyage. Le 17, dans l'après-midi des exercices de signalisation par avion sont exécutés sous la direction du lieutenant-colonel Rollet dans la région de Brillon. Le 18, les drapeaux des régiments de la division sont décorés à Bar le Duc par le général Berthelot. Le 19, le régiment prend part à une revue de la 40e division sur le terrain du signal de Longeville. Le 20, un service religieux est célébré à Saudrupt à 9h à la mémoire des soldats du 150e Morts pour la France. Il quitte le village le 22 mai pour se rendre dans le Nord. (JMO du 150e RI, Mémoires des Hommes)

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    254e RIC, du 31 mai au 4 juin 1916

    Le 31 mai 1916, le 254e régiment d'infanterie de Compiègne, à l'exception du détachement Vayssiere est transporté en camions automobiles à Brillon ou il cantonne. Le régiment est réuni en entier dans la soirée du 3 juin, le 4, il s'embarque en chemin de fer à Saint Eulien. (Historique du 54e 254e RI, Gallica)

    214e RI, du 24 au 26 sept. 1916

    Le 24 septembre 1916, le 214e régiment d'infanterie est cantonné en entier à Brillon. La journée du 26 est employée aux travaux de propreté, revues, etc. Le 26, le colonel reçoit l'ordre de se porter sur Longeville pour embarquer par la gare. (JMO du 214e RI, Mémoires des Hommes, historique du 214e RI, Gallica)

    3e GACA, du 4 oct. au 1er nov. 1916

    Le 4 octobre 1916, le 3e groupe d'artillerie de campagne d'Afrique arrive à Brillon, hommes et chevaux sont cantonnés. Le 5, installation et travaux de propreté : nettoyage des armes et harnachements. Du 6 au 10, les batteries exécutent différentes manœuvres : batteries attelées, exercice de cadres, cours spécial. Du 11 au 20, manœuvres et amélioration des cantonnements, les unités du groupe participent à de fréquentes manœuvres avec l'infanterie de la division. Du 21 au 31, continuation des manœuvres. Départ le 1er novembre. Mouvement par voie de terre pour le camp Drouot. (Bois de Nixéville) (JMO du 3e GACA, Mémoires des Hommes, historique du 3e groupe ACA, Gallica)

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    401e RI, du 2 au 11 nov. 1916

    Les 1er et 3éme bataillons du 401e régiment d'infanterie s'embarquent par le train à Dugny à 18h, débarquent le 2 novembre à Baudonvilliers et vont cantonner à Brillon où ils arrivent à 8h du matin. Le 6, remise de décorations par le Président de la République. Le s/Lt Rouer reçois la légion d'honneur, le soldat Lheureux la médaille militaire. Le drapeau du 401e reçoit la croix de guerre. Le 11, le régiment quitte le cantonnement pour aller cantonner à Fains et Véel. (JMO du 401e RI, Mémoires des Hommes)

    28-4 Génie, le 6 novembre 1916

    Le 28-4 du génie arrive dans son cantonnement de Combles le 2 novembre 1916. Le 6 novembre 1916, la compagnie qui est citée à l'ordre de l'armée a son fanion décoré de la croix de guerre par le président de la république à Brillon. Le capitaine reçoit la croix de chevalier de la légion d'honneur. (JMO du 28-4, Mémoires des Hommes)

    116e BCA, le 6 novembre 1916

    Le 6 novembre 1916, le 116e bataillon de chasseurs alpins cantonnant à Sommelonne se rend à Brillon. Le président de la république passe une revue d'honneur des troupes de la division. Au cours de cette revue, il accroche au fanion du 116e BCA la croix de guerre avec palme à la suite de sa citation à l'ordre de l'armée. Le capitaine adjudant Debombourg reçoit la croix de la légion d'honneur. (JMO du 116e BCA, Mémoires des Hommes)

    299e RI, le 6 novembre 1916

    Le 4 novembre 1916, le 299e régiment d'infanterie cantonne à Beurey. Le 6 novembre, le président de la république accroche la croix de guerre au drapeau présenté par le Lt colonel Vidal. (JMO du 299e RI, Mémoires des Hommes)

    321e RI, le 6 novembre 1916

    Le 31 octobre 1916, le 321e régiment d'infanterie cantonne à Ancerville. Le 6 novembre sont décorés par le président de la république à Brillon : Commandant de Contenson, officier de la légion d'honneur, capitaine Plouhince, chevalier de la légion d'honneur, adjudant Bigaud, soldat Lacruche et soldat Bouchet la médaille militaire. Le drapeau du 321e est décoré de la croix de guerre, le régiment étant cité à l'ordre de l'armée. (JMO du 321e RI, Mémoires des Hommes)

  • Le Mardi Gras

    Histoire recueillie par Mme Renée MAIZIERES et corrigée par l’auteur.

     

    J’va v’raconter l’histouaire de l’Emile MATTRAT, qu’on appelôt le Mardi gras,v’savez bin, ç’atôt l’gaçon daou Batisse, minme qu’il avôt in-ne sœur, la Chochotte et daoue frêres : le Bolo et l’Quibri. Le Mardi-gras atôt mairii à la Lichette, i d’meurôt à couté d’chiz l’COLLIN. In bé jou, i avont évu in piot, ce mandrin lâ gaoulôt tourtoute la neuïtie et l’Emile ne pelôt dormin. La Lichette dit à s’n’houme : « laïe min keuïchie d’vant aoue bin bicie l’piot ». Ma l’Emile qui s’aimôt bin et qu’atôt cabochu coume in âne rouge, dit en pietolant autou d’la tâle : « je n’keuïch’ra-me à l’érielle et je n’biss’ra-me ». In-lâ, la Lichette passôt tourtous los souaires pa d’ssus l’vâtre de s’n’houme et bissot l’piot qui n’velôt dormin, le manre. Mâ in-ne fous hodaïe de s’urlever à cul d’pannè d’ssus l’pavé, la Lichette ai évu in-ne boûne avisôtte, lée monta au gurnée et dévala auss’tôt avo in fi d’archo qui attachôt dos caubilles. Elle l’attacha au debout d’le bie et s’rekeuïcha à l’érielle. Inlâ, lie pelôt bicie et r’bicie padant qu’l’Emile ronflôt coume in-ne locomotive. Si bin qu’au jou quand lè Mardi-gras douvri los zeuïes, il hurla, tourtou hursé : « ah la gace, lée m’ai sohie la boudotte ».

    Ces personnages ont existés, ainsi que les sobriquets dont ils étaient affublés. il s'agit des membres de la famille Mattrat: Jean-Baptiste le père (le Batisse), les enfants, Nicolas Alcide (le Bolo), Achille Aimé (le Quibri), Céleste (la Chochotte) et Michel Emile (le Mardi Gras) marié à Célestine Virginie Thémelin (la Lichette) sa femme.

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  • Brillon en émoi

    Après la capitulation de Napoléon III à Sedan , le 2 septembre 1870 , la guerre est perdue , c’est la fin du second Empire . A Paris , le peuple acclame la République , un gouvernement de défense nationale est présidé par le général TROCHU . Le 19 septembre , les troupes Prussiennes encerclent Paris . Le premier service postal aérien en ballon est établi entre Paris assiégés et la province . Entre le 23 septembre 1870 et le 28 janvier 1871 , soixante-six ballons postes ont quitté la capitale , transportant 2.500.000 lettres , pesant 11.000kg . C’est l’épopée de l’ un d’eux que je vais vous conter : Le 14 octobre 1870 , à la gare d’Orléans , aujourd’hui gare d’Austerlitz , entre 9h 45 et 10h du matin s’envole le GODEFROY-CAVAIGNAC , propriété de l’administration des postes . Dans la nacelle , ont pris place l’aéronaute Mr GODARD père GodardPére.jpg, Mr de KERATRY membre du gouvernement de la défense nationale et son secrétaire Mr SPULLER . Ils emportent également 300kg de dépêches et six pigeons  . Après avoir parcouru quelques 336km , le ballon cherche à atterrir . C’est à ce moment là que la population de Brillon est mise en émoi et se dirige en foule vers la ferme de la BENOYERE (ferme St-Michel) , écart de Brillon . kertatry-portrait.jpgLa cause de ce remue-ménage est ce ballon qui vient de passer au-dessus de Brillon et qui cherche à opérer sa descente , demandant assistance pour l’aider et faciliter son périlleux atterrissage  Ayant passé au-dessus de Bar-le-Duc , alors occupé par l’ennemi , nos hardis aéronautes se rendent compte du danger et ne se soucient guère de tomber dans les griffes Prussiennes , ce qui rendrait non seulement leurs peines et les dangers courus inutiles , mais leurs personnes ainsi que les dépêches dont il sont porteurs pourraient prendre une autre direction que celle initialement prévue . Après bien des évolutions , marches et contremarches , l’ancre ne voulant pas mordre , les habitants accourent à l’appel des aéronautes , finissent par avoir raison de l’immense machine et l’amènent à terre , où aussitôt parvenue , c’est à qui mieux-mieux fait les plus belles entailles dans ses flancs  pour hâter l’expulsion des gaz et en même temps pour faire disparaître le plus vite possible toute trace de descente . Ce qui donne tant d’ardeur aux  habitants pour enlever tout ce qui est à terre , c’est que comme il a été dit plus haut , Bar est envahi , les allemands ont aperçu le ballon et se sont mis à sa poursuite , et n’ont quitté la dite poursuite qu’à deux kilomètres à vol d’oiseau du lieu d’atterrissage , endroit qui leur est impossible de préciser grâce à la forêt du haut-juré . Les passagers du ballon , lâchent leurs pigeons voyageurs et remettent leurs dépêches en bonnes mains , se dirigent sur Haironville et de là gagnent Chaumont , laissant à Mme X .. , directrice des postes à Saudrupt , le soin de faire parvenir les lettres .818_001.jpg Deux habitants de Brillon , qui se rendaient au bois chercher leurs fournitures avec une charrette et un cheval , MM Adolphe CHODORGE entrepreneur de maçonnerie , et Firmin CHODORGE menuisier , sont réquisitionnés avec leurs voitures pour ramener les dépêches à Brillon et les mettre en sûreté en attendant les ordres de la directrice des postes , prévenue par un express . Cette dame , aussitôt rendue pour procéder à la diffusion des lettres , reconnaît que l’opération est impossible pour une personne seule , surtout à proximité de l’ennemi comme elle l’est , et se résout de les expédier sur Chaumont , non occupé . En conséquence , après avoir préparé des passeports et les papiers nécessaires pour trouver aide près des municipalités situées sur le trajet , elle se met en devoir de trouver les hommes nécessaires . Les deux hommes qui acceptent de rendre les dangereux colis à destination sont encore nos deux braves Brillonnais . Séance tenante , posant à terre les cinq sacs de dépêches , il se mettent en devoir de préparer leur expédition ; Après avoir étendu un lit de paille très propre sur la voiture , ils déposent les cinq sacs sur lesquels ils remettent un autre lit de paille , ainsi que sur les cotés , et par-dessus le tout , une couche de fumier , pour donner le change en cas de rencontre fâcheuse . Et hue cocotte , les voila partis à cinq heures du soir . La nuit les trouve à peine à quatre kilomètres du pays , un marche en éclaireur , avec sa fourche , l’autre conduit le cheval à tour de rôle , s’arrêtant à l’entrée des villages ; l’un garde la voiture pendant que l’éclaireur , après avoir frappé à bon nombre de portes et pour cause , personne ne répond  craignant voir apparaître une barbe rousse , fini par trouver un habitant un peu plus luron que les autres qui , par l’entrebâillement d’une porte ou de derrière les volets , le renseigne tant bien que mal , si l’ennemi est signalé  , car s’il tombe sur une patrouille allemande , ce n’est pas la légère couche de fumier qui les eut sauvés , le fumier ne se conduit pas à deux heures du matin . Enfin ils arrivent à Joinville où la garde nationale , sous les armes , les arrête et les conduit au poste , sur leur demande , et où Mr le Maire leurs distribue des vivres pour se réconforter , n’ayant pas mangé depuis la veille à midi . Il est quatre heures du matin . On attelle un cheval frais à la charrette et les voilà en route pour Chaumont , où ils arrivent dans la matinée , heureux d’avoir mené à bien leur entreprise , heureux de penser que par leur courage une multitude de lettres allaient rassurer des milliers de famille en proie à des transes mortelles au sujet d’êtres qui leur sont chers . Après avoir été comblés d’éloges et chaudement félicités par Mr le directeur des Postes , par Mr le Préfet , Mr GODARD veut récompenser nos deux héros en leur offrant une somme d’argent ; mais l’un d’eux lui répondit «  ce que nous avons fait , et ce que nous sommes encore prêts de recommencer , ce n’est pas pour de l’argent , nous n’avons fait que notre devoir  » . Quel bel acte de courage et de patriotisme .

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    Notes : la partie majeure de cette article est tirée d'un article de l'Indépendance de l'Est du lundi 8 et mardi 9 février 1897. On peut également consulter les sources suivantes : Recueil des dépêches télégraphiques officielles publiées pendant la durée de la guerre 1870-1871, Morlaix, typographie de J Haslé, 1871, page 56. Le Petit Journal du mercredi 19 octobre 1870. Les Allemands à Bar-le-Duc et dans la Meuse 1870-1873, par M J-J Laguerre, Bar-le-Duc, 1874, page 131. Les ballons montés, éditions Aramis, 2003.

  • 25 octobre 1914

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    Marcel Léon Jean Périnet est Mort pour la France le 25 octobre 1914 devant Pervyse en Belgique. Il était né le 20 mai 1892 à Brillon (55). Il est le fils légitime de Paul Jean-Baptiste PERINET, représentant de commerce et de Marie Célénie MATTRAT, épicières. Il a deux sœurs Madeleine Eudoxie Charlotte et Suzanne Françoise Gabrielle. Il est ingénieur électricien. D'après sa fiche matricule  il fait son service militaire à Bar-le-Duc au 94e RI à partir du 25 mars 1913 comme engagé volontaire et devient caporal en décembre.

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